Ils vivent dans le noir. L’éponge de verre Euplectella flotte dans les profondeurs de l’océan, bien en dessous des endroits où la lumière du soleil atteint. Nous parlons ici de profondeurs allant jusqu’à 11 000 mètres. Il s’agit d’un environnement où la pression de l’eau dépasse 1 000 atmosphères. La plupart des choses seraient écrasées. Cette créature survit. Cela prospère.
Le secret réside dans son squelette. Euplectella possède des spicules en forme d’aiguilles faites de silice. Ceux-ci ne restent pas là. Ils fusionnent en structures de treillis complexes. Le résultat ? Un cadre incroyablement stable. Vous pouvez le nouer sans le casser.
Ce n’est pas seulement une curiosité biologique. C’est un modèle pour la technologie. Les spicules de silice sont constitués du même matériau que les fibres de verre utilisées dans les télécommunications modernes. Ils sont de taille similaire. Ils partagent même des propriétés optiques similaires.
Les chercheurs ont étudié de près cet organisme marin. Ils ont trouvé un modèle de construction optimal pour les câbles à fibres optiques de nouvelle génération. La norme actuelle présente un défaut majeur. C’est fragile. Les connexions individuelles au sein d’un faisceau de câbles peuvent se rompre. C’est le maillon le plus faible. Si une fibre se brise, c’est tout le système qui en souffre.
Euplectella n’a pas ce problème. Sa structure en treillis répartit les contraintes. Il gère la tension différemment de nos fils artificiels.
Il y a un autre avantage. Un gros. L’éponge vit et grandit dans un environnement frais. Il n’a pas besoin de chaleur pour maintenir sa structure.
À l’heure actuelle, la fabrication de câbles à fibres optiques est gourmande en énergie. Cela nécessite une chaleur élevée. Cela consomme beaucoup d’énergie. Le processus est lent et coûteux.
Si les ingénieurs parviennent à reproduire le processus d’assemblage à froid de l’éponge, tout change. Nous pourrions produire ces câbles sans factures d’énergie énormes. Nous pourrions créer des matériaux plus résistants. Plus résistant.
Pourquoi s’en tenir à l’ancienne méthode ? L’océan a déjà résolu le problème de la solidité et de l’efficacité. Le dessin est là. Nous avons juste besoin de le copier.


























